Edito
Il était une fois, une petite grenouille, bien verte, bien brillante, qui, la nuit venue, sautait joyeusement dans un pré. Et, hop, un petit saut, et hop, un grand saut, à droite, à gauche, comme une petite grenouille insouciante et heureuse de vivre.
Malheureusement, une fermière distraite par on ne sait quoi, avait oublié, au beau milieu du pré, un seau plein de lait. Et voilà notre pauvre petite grenouille qui, à la suite de son plus beau bond, tombe dans le seau ! Les parois sont trop lisses, le lait trop profond, elle va se noyer, elle va mourir, tout est fini...
Mais, que le ciel est beau, au-dessus d’elle… et elle nage, elle nage… Souvent elle sent ses forces diminuer, elle pense : à quoi bon me démener, je ne pourrai jamais m’en sortir, autant se laisser aller… mais l’air de la nuit sent si bon, et elle nage, elle nage...
Elle n’en peut plus, elle se laisse glisser, mais… mais la nuit va s’achever bientôt, mon Dieu, voir encore une fois poindre la lumière du jour et elle nage, elle nage. L’aube arrive enfin, et au moment où, comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle va se laisser aller, elle se rend compte qu’elle a tant et tant nagé, qu’elle s’est tant et tant battue, qu’elle est assise sur… une magnifique motte de beurre !